Dans mon dernier rêve, je n'avais pas eu le temps de faire ma petite virée « IN THE SOUTH ». Mais là, ça sera chose faite du moins, je l'espère car on ne sait jamais avec les réveils.
Dans mes souvenirs, je sa vais qu'il fallait que je me rende à la place KARTALA pour prendre le bus (mais le mot est trop osé) de KAFU, ZAMA, ZAKARIA,.... « Big up à nos transporteurs » afin que je puisse me rendre à FUMBUNI.
D'un pas décidé, je me rendis à la station de taxi la plus proche et pris un taxi direction KARTALA. Je vous relate le dialogue assez surréaliste que j'ai eu avec mon chauffeur.
Chauffeur : « Bonjour Monsieur, où allez-vous ? »
Hachim : « Direction KARTALA, SVP »
Chauffeur : « Ah, Monsieur est un amateur de pétanque, c'est pour la finale qui a lieu au boulodrome ? »
Hachim : « Absolument pas, d'ailleurs je n'ai jamais compris les règles »
Chauffeur : « Désolé, donc je suppose que vous allez prendre un taxi-avion pour passer le week-end sur les plages mohéliennes ? »
Je n'osais pas lui répondre, et me dis que ce chauffeur n'a pas bien digéré son samedi soir (et ouais ça arrive, il suffit de jeter un coup d'½il autour de vous). Au fond de moi, il me laissa perplexe car je m'attendais à la question traditionnelle du genre « Zamboini » et qu'il me demanda dans quel village je me rendais. Si par hasard, il avait une lettre qu'il voulait envoyer.
Une petite anecdote pour les plus jeunes, c'est que de mon temps, il n'y avait pas de facteurs aux Comores donc pour envoyer un colis ou une lettre à quelqu'un. Il suffisait de trouver un chauffeur ou un passager lambda qui se rend dans cette ville et de lui remettre votre commission. Et là, le « dicho » (aide-chauffeur pour les plus français parmi vous) en arrivant au niveau de cette ville ou village, il n'avait qu'à balancer votre lettre à un groupe de personne tout en criant le nom du destinataire, et je vous jure que votre lettre arrivait à destination sans problème (enfin une utilité des bangwés).
Mais revenons à mon chauffeur, pour couper court à la discussion je lui dis que je voulais seulement me rendre à FUMBUNI. Il me jeta un regard qui en disait long sur sa surprise.
Chauffeur : « mais vous sortez d'où ? Vous souhaitez réellement vous rendre à FUMBUNI? »
Hachim : «mais pourquoi votre étonnement, c'est bien de KARTALA qu'on prend les bus pour le sud ? »
Chauffeur : «ça fait combien de temps que vous avez quitté NGAZIDJA ? »
Hachim : «une trentaine d'années, je pense »
Chauffeur : «eh ben, vous devez être drôlement dépaysé ?»
Hachim : «je ne crois pas, car je me souviens que quand j'étais jeune. Il y avait des vieux qui passaient 30 ans à l'extérieur et rentrais au bled et nous disait que rien n'avait changé mis à part les manguiers qui ont poussé et quelques arbres qui étaient morts »
Chauffeur : «elle est bien bonne, vous savez cette époque est révolue. Maintenant au bout de 5 ans vous ne reconnaissez plus le bled, donc vous avec vos 30 ans, vous devez avoir l'impression de vivre un rêve, n'est ce pas ? »
Hachim : «mon ami vu que vous êtes assez aimable avec moi. Pourriez-vous me dresser un petit tableau des grands changements intervenus au pays ?»
Chauffeur : « sans aucun problème, Monsieur
==>MOHELI, c'est la destination touristique la plus prisée par le jet-set de l'Océan Indien
==>Les bus sont destinés uniquement au transport urbain dans les grandes villes, FUMBUNI, ICONI, MBENI, MITSAMIHOULI, DOMONI, OUANI, FOMBONI,...
==>Pour les déplacements entre villes, il ya des ferrys assez bien desservis (enfin on a pensé à développer le transport maritime ou sinon vous avez toujours des gares routières avec des dessertes en autocar. En ce qui concerne votre destination, vous devriez vous rendre à la gare routière de MALOUZINI »
A l'énoncé de ces multiples changements, je me palpais la poitrine pour vérifier si mon c½ur ne m'avait pas lâché, vu l'étonnement permanent qui me suivais depuis que j'ai posé le pied à l'aéroport. Ayant peur pour ma santé, j'optais pour la balade en mer, au moins avec elle je suis sur qu'il n'y aurait pas de surprise. A moins qu'on ne me dise que l'eau est sucrée (clin d'½il à CHEIKH, toi-même tu sais).
Au fond de moi, je n'avais pas trop de certitudes car les Comores avaient tellement changé, et enfin dans le bon sens ce qui est un miracle de Dieu. Et que peut-être la mer aussi avait eu besoin de son changement. Heureusement, la mer est toujours bleue et bien salée (putain ADOULA, t'avais mis trop de sel même au bout de 40 ans l'eau est toujours aussi salée).
Embarquée sur un ferry, qui n'avait rien à voir avec le célèbre CHOUNGUI et le tristement célèbre SAM-SON qui sévissaient jadis dans les eaux comoriennes. Dans peu de temps, j'arriverais au port de FUMBUNI et espère d'ici là ne pas me réveiller pour vous raconter la suite de mon rêve.
Un rêve qui peut devenir réalité avec un peu de volonté, une dose de maturité et un nuage de patriotisme de la part de nos dirigeants et une certaine prise de conscience pour nous jeunesse comorienne. Afin qu'on puisse éviter de reproduire les mêmes erreurs que les générations passées et pour bâtir une nation unie sur les ruines qu'on nous aura laissé en héritage.